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13.03.2007

Alternative Lamentable

La bouffonnerie autour de la candidature d'Edouard Fillias a donc atteint aujourd'hui son terme logique, la dilution absolue des idées libérales dans la vase pseudo-irrévérencieuse du centrisme éthéré. L’ex-futur candidat d’Alternative Libérale a appelé à soutenir Bayrou qui lui-même appellera  à soutenir Ségolaide qui elle soutiendra mordicus qu’elle avait un programme et que les Français sont vraiment trop injuste. Une grande victoire pour le libéralisme en France.

Ce lamentable épisode illustre une fois de plus l’impossibilité d’une action libérale respectable. Jamais aucun parti libéral ne parviendra à quoi que ce soit s’il accepte les codes du pouvoir en place. Face aux galions lourdement armés des forces de la social-tyrannie, nous ne pouvons adopter qu’une stratégie de pirates. L’illusion du combat à la loyale fait partie des mécanismes de régulation du système politique.

D'évidence, le système politique se construit autour de deux ensembles de normes, les règles officielles et les lois du milieu.

Les normes officielles, on les connait tous. Ce sont celles qui nous sont inculquées à l’école et ressassées sans cesse par les médias du pouvoir. L’élection est un combat d’idées où l’on propose un programme à des électeurs souverains qui accordent ensuite leur confiance aux dirigeants élus. Du blabla pour gogos.

Personne ne rentrera jamais dans le jeu politique s’il croit à ces fables. La condition minimum pour être accepté par les acteurs du système, c’est de prouver dans les faits qu’on a compris qu’il s’agissait là de la façade et pas de la réalité du système. Malheureusement, les lois du milieu ne sont écrites nulle part. Il est impossible de les connaître sans avoir été initié par la confrérie des enfants de putain qui nous dirigent. Tout au plus, à force d’observation, peut-on en deviner certaines. L’achat de l’électorat par les subsides, financements, et autres subventions. Les mensonges éhontés qui n’engagent que ceux qui y croient. La corruption omniprésente, pas la brave corruption avec un généreux entrepreneur, mais le vil échange de postes, d’informations confidentielles, de services illégaux. Ce sont là, depuis toujours et partout, les vraies bases du système politique pas seulement des dévoiements occasionnels.

Faire de la politique est un art. Il faut parvenir à appliquer les lois du milieu sans laisser voir qu’on enfreint les règles officielles, mais quand même en le laissant voir un peu pour ne pas passer pour un guignol auprès des concurrents. C’est là la condition minimum d’existence en politique. Après, pour réussir, il faut en plus être capable d’enfreindre les règles du milieu, mais c’est déjà une autre histoire. C’est dans ce jeu de façade qu’il faut chercher l’origine des partis politiques. Le parti organisé permet de se distribuer les rôles, à certains la vitrine des grands débats d’idées, à d’autres les coulisses du rapport de force. Les candidats aux élections ne sont que la partie émergée de l’iceberg, ceux qu’on voit, mais qui ne seraient rien sans l’armée de l’ombre prête à toutes les ignominies pour faire exister quelques stars médiatiques. Pour un ministre, combien d’employés directement chargés des basses œuvres ?

C’est pour n’avoir pas compris ces vérités élémentaires qu’Edouard Fillias s’est planté dans les grandes largeurs. Qu’espérait-il en partant ainsi la fleur au fusil ? Il fallait dès l’origine se distribuer les rôles et charger les hommes de caractère des sales besognes. Il fallait évidemment aller chercher les signatures des maires socialistes. Il fallait suivre à la trace les autres candidats pour ramasser leurs ordures et les balancer à la presse. Il fallait rompre avec le ronron ambiant et traiter Chirac de voleur et d’assassin. Enfin, il fallait soutenir officiellement notre camarade Claude Duviau.

En acceptant les codes de respectabilité imposés par le système, Alternative libérale a seulement démontré à la confrérie des enfants de putain qu’elle n’avait rien à craindre. Ce qui l’a privé de passages média, ce n’est pas le désintérêt pour les idées libérales, c’est sa démonstration à chaque étape de la campagne qu’il n’avait pas qualité pour y pénétrer.

Sa dernière invention n’est que la suite logique de sa quête de respectabilité. Le système impose aux neuneus de choisir à quelle sauce ils seront mangés. Fillias a choisi le sauce à l’orange et attend d’être servi comme un vulgaire magret de canard. Admirons d’ailleurs Bayrou qui n’évoque même pas ce soutient sur son site de campagne. Lui, il connait les lois du milieu. Fillias aurait évidemment dû appeler au boycott des élections et rompre ainsi, enfin, avec les normes établies. C’était là la condition sine qua non d’une campagne législative pour Alternative Libérale.

 

Aujourd’hui, Alternative Libérale est morte. Tant mieux, ils n’avaient pas l’étoffe des pirates. Mais ce n’est que partie remise, le libéralisme est toujours là et il ne manquera pas d’hommes libres pour se relancer dans 5 ou 10 ans dans la bagarre. Espérons qu’alors, enfin, la campagne se déroule au doux son de la dynamite.