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06.04.2007
L'illusion d'un avenir
Finalement, leur histoire de miracle, je trouvais ça plutôt rafraîchissant. C’est vrai, quoi ! Des cas de maladies psychosomatiques, la télé nous en montre tous les jours. Mais d’habitude, on doit se coltiner le psychanalyste de service qui vient nous débiter ses zouaveries de refoulement compulsif et d’Œdipe mal résolu. Et bien, là, pour une fois, on avait droit à des histoires d’intercession et d’action divine, ca nous changeait. Tant qu’à faire dans la sorcellerie, le petit coté superstition moyenâgeuse rajoutait même une touche d’insolite parfaitement charmante. C’était donc bien agréable d’entendre autre chose que le freudisme bon marché qu’on nous sert habituellement.
Mes réflexions en étaient là quand* - patatras !- Sonseigneur Léonard, questionné sur son opinion à propos des homosexuels, cède à l’air psychanalytique du temps. Sans doute trop enthousiasmé par son nouveau pape allemand, le voilà qui anschlusse le bon docteur autrichien. « [Ma position sur l’homosexualité est] la même que Freud: c'est un stade imparfaitement développé de la sexualité humaine qui contredit sa logique intérieure. Les homosexuels ont rencontré un blocage dans leur développement psychologique normal, ce qui les rend anormaux. » Argument assez étrange dans la bouche d’un homme d’Eglise qui, traditionnellement, parmi les auteurs juifs privilégie plutôt ceux d’il y a deux millénaires. On se serait attendu à quelque chose du genre « il est naturel et sacré pour un homme de s’unir à une femme et d’ailleurs Jésus... ah non ! et d’ailleurs, le Pape… ah merde ! Enfin, bref, c’est pas bien quoi ! ».
Et bien, puisque Sonseigneur s’est trouvé un nouveau maître à penser, je lui dédie ces quelques citations du vieux Sigmund. « La religion serait la névrose obsessionnelle universelle de l'humanité; comme celle de l'enfant, elle dérive du complexe d'Oedipe, des rapports de l'enfant au père. D'après ces conceptions, on peut prévoir que l'abandon de la religion aura lieu avec la fatale inexorabilité d'un processus de croissance. » « Les idées [religieuses], qui professent d'être des dogmes, ne sont pas le résidu de l'expérience ou le résultat final de la réflexion : elles sont des illusions, la réalisation des désirs les plus anciens, les plus forts, les plus pressants de l'humanité ; le secret de leur force est la force de ces désirs. Nous le savons déjà : l'impression terrifiante de la détresse infantile avait éveillé le besoin d'être protégé - protégé en étant aimé - besoin auquel le père a satisfait ; la reconnaissance du fait que cette détresse dure toute la vie a fait que l'homme s'est cramponné à un père, à un père cette fois plus puissant. L'angoisse humaine en face des dangers de la vie s'apaise à la pensée du règne bienveillant de la Providence divine, […] Et c'est un formidable allégement pour l'âme individuelle que de voir les conflits de l'enfance émanés du complexe paternel - conflits jamais entièrement résolus -, lui être pour ainsi dire enlevés et recevoir une solution acceptée de tous. » « La religion est comparable à une névrose infantile, et [je suis] assez optimiste pour croire que l'humanité surmontera cette phase névrotique, tout comme tant d'enfants, en grandissant, guérissent d'une névrose similaire. »
* Hou ! Que c’est mauvais !
14:20 Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : religion, freud, léonard, homosexualite


