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15.06.2007

You can't beat the market

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14.06.2007

Richard Miller est-il coupable ?

La guillotine y répondra définitivement le jour de la révolution. Mais d'ici là, ce sera à l'avocat de la maison d'édition Les Belles Lettres de se pencher sur la question.

En effet, le philosophe officiel du MR vient de publier un opuscule détaillant le plaisir qu'il éprouve de vivre sous le joug social-démocrate. Il va de soi que cette information n'aurait aucun intérêt s'il n'avait pas jugé bon de repiquer le titre du plus célèbre ouvrage anarcho-capitaliste "l'Ethique de la Liberté" de ce bon vieux Murray Rothbard.

On en peut certainement pas en vouloir à la charmante, et tellement blonde, Frédérique Ries de ne s'être rendue compte de rien dans sa préface, mais, quant à Miller, il est quand même membre du comité scientifique du centre Jean Gol et à ce titre, il devrait être au courrant de ce qui se trouve dans la bibliothèque de son centre de recherche.

Enfin, bref, plagiat, infraction au droit d'auteur, etc... espérons que ça lui coûte bonbon et qu'éventuellement, ca lui fasse découvrir un vrai auteur libéral.

Quant à vous, amis lecteurs, comme diraient Karl Zero et Jean-Marie Le Pen, méfiez-vous des contrefaçons.

12.06.2007

Le départ de Di Rupo

On l’oublie parfois, mais Laurette Onkendaele est désormais Bruxelloise et donc, Di Rupo va démissionner de son poste de Président du PS.

Reprenons dans l’ordre et la discipline. Il était une fois un député socialiste qui s’appelait Gaston Onkelinx. Il servit longtemps et fidèlement le parti obtenant en échange une sinécure de bourgmestre à Seraing. A la fin des années 80, sentant venir l’âge de la retraite et conscient de ses devoirs familiaux, il fit nommer sa fille députée du Parti Socialiste. Malgré qu’elle soit « née » dans le parti socialiste liégeois des années 80 avec la bénédiction d’André Cools, Laurette parvient à réactiver le mythe de l’immaculée conception et échappe à toutes les affaires.

A 32 ans, elle devient ministre et, grimpant à l’échelle comme une grenouille par beau temps, elle l’est restée jusqu’à aujourd’hui. Soit 15 années ininterrompues de portefeuille ministériel. Ce parcours exemplaire est couronné en 1998 par son mariage avec le cabinet d’avocat Uyttendaele, Gérard et associés. L’accession au ministère de la justice de la femme du principal avocat constitutionnaliste du pays parachève la carrière de l’une des associations criminelles légales les plus influentes de Belgique.

Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes de l’enrichissement personnel jusqu’à ce que –patatras !- le PS se prenne une claque imprévue ce 10 juin. Quoi ! La ministre va redevenir simple députée ? Quoi ! Le constitutionnaliste ne va plus pouvoir plaider dans tous les procès de l’Etat Belge ? Autant dire aller pointer au chômage, connaître la misère, vendre la villa de Lasne et émarger au CPAS de Schaerbeek, où elle n’est même pas sûre que Clerfays la pistonnera. Ca, jamais ! Plutôt devenir CD&V !

Reste donc à Madame Onkendaele à se retrouver un job quelque part. Mais -et c’est là que sa décision de prendre un domicile fictif à Bruxelles se révèle tragique pour l’Empereur Soleil- les replis régionaux sont bloqués. Reprendre la présidence de la Communauté Française serait une régression inacceptable dans son parcours professionnel. La présidence de la Région Wallonne ne serait pas mal, mais –Hélas !- elle n’est plus wallonne. Quant à la présidence de la Région Bruxelloise , ce n’est pas avec sa minable prestation communale et maintenant législative, qu’elle pourra en déboulonner Charles Picqué. (A son propos, lire l’excellent article de Mehmet Koksal dans la Tribune de Bruxelles.)

Il ne lui reste donc qu’une issue qui respecte sa dignité humaine, la présidence du Parti Socialiste. Et, comme par hasard, la pression s’accroit sur Di Rupo pour qu’il choisisse entre la Région Wallonne et le Parti. Et de toute façon qui mettrait-il à la Région  ? Van Caurleone ? Daerden ? Happart ? Impossible. Les jeux sont donc faits. Dans les jours ou les semaines qui viennent, Elio annoncera son départ et, bonne fille, Laurette se proposera d’assumer l’interim jusqu’au congrès qui la nommera officiellement André Cools présidente.

Quitte ou double pour le fédéralisme.

Ce n’est pas parce qu’on est abstentionniste qu’on doit bouder son plaisir. Un défaite du PS est toujours un bonheur et un homme de gout, ami du genre humain, se doit de s’en délecter avec gourmandise. Et comme, cerise sur le gâteau, le parti libéral parvient, malgré le boycott médiatique, à effectuer une jolie petite percée, la joie est complète. Les 5 députés libéraux ne pèseront pas lourd face aux145 étatistes qui trustent le parlement, mais c’est déjà ça.

C’est donc dans une douce euphorie que je vais me livrer à l’analyse politique de ces élections. Bien sûr, rien de fondamental ne changera sur le plan des droits de l’homme et nous continuerons à souffrir d’un système soviétique, prévaricateur et assassin. Il n’y a donc, évidemment, rien de vraiment intéressant à raconter, raison pour laquelle les médias y consacrent tant de temps et d’espace. Mais, bon, restons dans le cadre politiquement correct et intellectuellement déficient de la politique belge, histoire de passer le temps.

Ce qui me semble constituer l’enjeu majeur des prochaines semaines, ce sera la réussite ou l’échec définitif du système fédéral belge. Depuis 30 ans qu’on en peaufine les institutions, on est enfin face à un cas de figure qui va permettre de les mettre en application, si tant est que ce soit possible.

Trois grandes questions se posent donc aujourd’hui à nos représentants (dans le sens représentants de commerce, bien sûr). Qui sera premier ministre ? Y aura-t-il une négociation communautaire ? Quels présidents de parti nommeront les ministres ?  Ces trois questions portent toutes en définitive sur le fédéralisme belge.

Pour le poste de premier ministre, deux candidats se dégagent clairement du lot, Reynders et Leterme. Reynders a pour lui d’être le leader du plus grand parti de la plus grande famille politique, Leterme d’être le leader du plus grand parti tout court. Même si Reynders tentera le coup, il m’étonnerait que l’on commence à décompter les élus CD&V et NV-A, parce que Leterme n’aurait alors qu’à distinguer entre les élus PRL, FDF et MCC pour contrer le MR. La question se posera donc dans les termes suivants : La notion de famille politique a-t-elle encore un sens en Belgique ou bien entérinons-nous définitivement l’existence de deux classes mafieuses différentes au Nord et au Sud ?

La réforme de l’Etat se posera selon la réponse qui aura été apportée à la question précédente. Vu la déconfiture du Spa causée par son manque de flamingantisme, on imagine mal le CD&V renier sa campagne très communautaire surtout si c’est pour rentrer dans un gouvernement dirigé par un francophone. Le MR n’est pas assez fort pour obtenir à la fois le poste de premier sinistre et un stop institutionnel. Ce sera l’un ou l’autre. Si Reynders veut absolument dormir au 16, il devra accepter une réforme qui ne pourra se faire qu’avec les socialistes. Mais comme la participations des socialistes (de l’intérieur ou du dehors du gouvernement) bloquera toute autre politique, on s’acheminerait alors vers un gouvernement de transition d’une durée limitée à 2 ans et qui organiserait probablement un re-couplage des élections régionales et fédérales, enterrant définitivement l’espoir d’une dynamique fédérale autonome et menant nécessairement à terme à la scission du pays.

La possibilité d’une telle dynamique fédérale autonome se jouera également au niveau du choix des partenaires. Va-t-on pouvoir faire survivre une majorité fédérale sans relais aux niveaux des régions wallonne et bruxelloise et de la communauté française. L’émiettement actuel des compétences, morcelées entre les différents niveaux de pouvoir, conduit à la nécessité d’assumer, pour toute politique, une coordination entre ces niveaux qui se faisait via les présidents de partis. Maintenant que le PS ne fera plus la loi qu’au niveau régional et que son confrère MR sera limité au niveau fédéral, trouvera-t-on un autre terrain que les cellules présidentielles pour assumer cette coordination ? Et les états-majors des partis y ont-ils vraiment intérêt ? Ne préféreront-ils pas un blocage de toute politique, dévoilant ainsi praxéologiquement leur préférence réelle pour le divorce national ?

A cette heure, je pense que la question de cette dynamique fédérale autonome qui verra le jour ou pas est bien plus cruciale pour l’unité de la Belgique que toutes les rodomontades flamingantes du CD&V.

 

Là-dessus, remettez des cawettes, M’ame Christine ! On a encore une défaite socialiste à fêter jusqu’au bout de la nuit.

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